Cartier-Bresson: Le bon oeil, au bon endroit, au bon moment

Aujourd’hui, la photographie est partout. Chacun peut s’y adonner, par passion, ou simplement par plaisir, pour saisir le souvenir. Parmi ceux qui se lancent, nombreuses sont les expositions, et nombreuses aussi sont les désillusions. Pas évident parfois d’être sensible face à certaines séries. Mais encore heureux, certains sortent leur épingle du jeu. Et bien souvent ce sont les pionniers de cette fabuleuse technique. Dernièrement, j’ai été bluffée. Bluffée par celui dont tout le monde parle et que je connaissais malheureusement peu: Henri Cartier-Bresson. Photographe d’un siècle, mis à l’honneur jusqu’au 9 juin 2014 par le centre Pompidou.

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Depuis qu’il s’est lancé dans l’aventure photographie, à la fin des années 20, Henri Cartier-Bresson fut le regard d’un temps gorgé d’évènements. Un parcours riche, nourris par diverses orientations et réorientations. Car le photographe est avant tout artiste. Ayant suivis les pas du peintre André Lhote, Cartier-Bresson forge son propre regard sur les images avec comme point de départ, la divine proportion, le « nombre d’or ». Au fil des compositions picturales, il se rapproche du groupe surréaliste et aborde la photographie lors de son service militaire aux côtés de Gretchen et Peter Powell. S’enchaineront ensuite une série de destinations, où le photographe tachera à chaque fois de saisir « l’instant décisif ». Afrique, Europe, Mexique, Etats-Unis… Cartier-Bresson couvre alors les grands épisodes de son temps, du destin tragique des espagnols, à la libération de Paris, jusqu’à la victoire des communistes chinois, en passant par les derniers instant de Gandhi. A partir de 1936, il s’engage dans la politique en devenant journaliste reporter pour la presse communiste. Le photographe se porte alors sur l’activisme antifasciste, le cinéma, et la guerre. Enfin, sa divine carrière se termine par la création de l’agence Magnum en 1947, qu’il honorera jusqu’au début des années 70, avant de se retirer de la partie.

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Foule attendant d’acheter de l’or Shangai 1948 – « Les six jours de Paris » vélodrome de Paris 1957-

Au-delà d’avoir toujours été là, au bon endroit, au bon moment ; le photographe nous offre une qualité de composition témoignant d’un long travail en amont. Ce qui me fascine le plus je crois, c’est sa capacité à réunir tous les bons éléments au cœur d’une image. Voir qu’il a passé des heures en haut de cet escalier avant de capter le bon moment. Etre surprise par le mouvement soudain d’une forme plane, par l’aspect pictural rendu, presque lié au Land Art, et par le message qu’il arrive subtilement à nous retranscrire. Luminosité, contrastes, vitesse, cadrages… tout est maîtrisé à la perfection. Car Henri Cartier-Bresson, c’est ce talent pour capter l’instant dans son contexte, le moment qui ne sera pas l’autre. Le témoin d’un siècle chargé d’histoire et de rencontres avec de grandes icônes. Des moments forts, incroyablement capturés, comme pour nous partager, une part de son chemin.

photoDerrière la gare St Lazare, Paris 1932

Exposition Henri Cartier-Bresson, jusqu’au 9 juin 2014 au Centre Pompidou. Met en lumière l’ensemble de peintures, dessins, essais cinématographiques, témoignant de la richesse de son parcours et de son regard particulier sur la notion d’image.

« Photographier, c’est mettre sur la même ligne de mire la tête, l’oeil et le coeur », Henri Cartier-Bresson

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Depardon, à la recherche de la couleur

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Un éclat de couleur embaume la pièce lorsque l’on entre dans l’univers de Raymond Depardon, photographe, réalisateur, journaliste et scénariste Français. C’est l’hommage rendu à l’artiste par le Grand Palais avec l’exposition « Un moment si doux« , jusqu’au 10 février.

Empreints de douceur et de subtilité, ses clichés relatent l’ensemble de ses voyages entre grands espaces, et solitude des villes. Dans chaque image, une émotion, une revendication se dégage. On découvre alors l’approche sincère et délicate du photographe envers les cultures étrangères à travers des portraits ou des situations poignantes. Nombre de natures mortes ou paysages insolites sont représentés, toujours ponctués de notes colorées et contrastées qu’il cherche à mettre en évidence.

Sommes toute, la recherche de ce dont on n’aurait pas fait attention au premier regard. La touche de vie et de joie dans les atmosphères les plus angoissantes. Techniquement, les lignes lumineuses créent une continuité dynamique à l’image, une lecture pondérée dans les profondeur de champs.

Jolie -mais trop courte- balade au fil des touches colorées. A partager!

biboudepardon